Piétonnisation

Des différents modes de déplacement, la mobilité douce (la marche à pied ainsi que le vélo) est le seul mode de déplacement à Genève qui ne faisait pas encore l'objet d'un plan directeur. Cette lacune a été comblée en janvier 2013 lorsque le Grand Conseil a approuvé le plan directeur de la mobilité douce, puis en octobre 2015 quand le Conseil d'État à validé le Plan d'Actions de la mobilité douce 2015-2018.

Nous souhaitons que le Plan d'Actions soit aussi adopté par le Grand Conseil et mis en oeuvre de manière ambitieuse.

Pour nous, il est évident de faciliter les déplacements à pied et à vélo, car ceux-ci représentaient plus de la moitié des déplacements en Ville de Genève, en 2010. Il est donc nécessaire de mettre en place des itinéraires directs, continus et sécurisés.

Les modes doux génèrent peu de nuisances et nécessitent peu d'espace. Les développer c'est réduire la pollution de l'air, lutter contre la sédentarité et désengorger les routes.

Les aménagements liés à la mobilité douce sont souvent légers et peu coûteux à mettre en place. Ils sont donc compatibles avec un contexte budgétaire difficile.

Le plan directeur vise un rééquilibrage de l'importance des modes de déplacement, puisqu'à Genève, la marche à pied et le vélo prennent en charge presque autant de déplacements que le transport individuel motorisé. La part modale de la marche à Genève est ainsi de 42%. C'est d'ailleurs l'une des parts modales de mobilité douce la plus élevée de Suisse.

Avant la réalisation de ce plan directeur dédié à la mobilité douce, il a fallu plusieurs étapes pour que le concept de piétonnisation devienne un thème de société dont les bienfaits sont désormais vantés de part et d'autre. C'est dans cette optique que l'initiative municipale "200 rues sont à vous" a été lancée par les Verts genevois en 2008.

Le groupe de travail mobilité douce suit ces thématiques et mène des actions entre autres autour de la thématique des piétons.

Initiative municipale "200 rues sont à vous"

Cette initiative a été lancée pour pallier le sérieux retard que connaît Genève en matière de mobilité douce. La population lui a fait un excellent accueil. En 2010, le Conseil municipal a à son tour accepté cette initiative populaire qui concernait prioritairement des rues ou tronçons de rues autour des écoles (lieux d'enseignement), des crèches, des EMS, des maisons de quartier et des établissements hospitaliers et médicaux, ceci sans péjorer la desserte des transports en commun.

Dans un premier temps, une étude a été réalisée afin de prévoir au mieux tous les éléments du projet (type de rues à piétonniser, lieux prioritaires, faisabilité par rapport à la circulation et au stationnement). Il a ainsi été prévu de réaliser la piétonnisation en quatre étapes successives de 50 rues.

Pour la mise en place du premier lot, un crédit a été approuvé par le Conseil municipal en janvier 2012. Désormais, tous les espoirs sont permis. Cette réalisation a cependant été retardée par un référendum lancé par le Groupement Transport et Économie et soutenu par les milieux de défense de la voiture, qui a abouti en mai 2012.

La population a donc été appelée à voter le 23 septembre 2012 sur ce projet en faveur duquel milite désormais une large coalition de partis politiques (Ensemble à gauche, Parti socialiste, Les Verts, Parti démocrate chrétien, Les Verts libéraux) ainsi que de nombreuses associations (ATE, ProVélo, Actif trafic, WWF, ProNatura, associations de quartier et d'habitants, etc.).

L'enjeu est important : il s'agit de rattraper – un peu – le retard de Genève en matière de piétonnisation de l'hyper-centre, de réduire le trafic de transit, améliorer la qualité de vie des habitants, améliorer la sécurité des enfants et des aînés, valoriser les commerces de proximité.

Résultat de la votation

Le 23 septembre 2012, 56,4% de la population ont refusé un crédit de réalisation de 50 rues piétonnes en ville de Genève.

Ce fut une dure défaite pour le comité unitaire, dont l'ATE-Genève fait partie. Toutefois, si cette proposition du Conseil administratif a été refusée, le concept même de piétonnisation aura, lui, circulé dans la bouche des plus farouches opposants. Elle est devenue, au cours de ces dernières semaines, un thème de société, dont les bienfaits ont été vantés de part et d'autre. Si l'on en croit les discours tenus par les référendaires, prônant largement le développement de zones piétonnes, il semblerait qu'aujourd'hui, le problème n'est pas tant de piétonniser mais de savoir où et comment piétonniser.

Plusieurs éléments positifs auront tout de même marqué cette campagne intense, notamment l'excellente collaboration au sein du comité unitaire. Ces efforts ont malheureusement été contrecarrés par les milieux économiques et les lobbys automobiles qui n'ont reculé devant rien pour dénigrer ce projet sans toutefois proposer d'alternatives sérieuses et rapidement réalisables.